«Je pense que le sentiment de communauté que Andy Sweet a capturé à Miami Beach était réel ».
En avril 2026, nous avons rencontré Edward Christin à Miami Beach dans le cadre de notre exposition “Andy Sweet - La liberté en couleurs à Miami Beach”. Nous avons pu lui poser quelques questions afin de mieux comprendre son travail et le connaître.
- Comment êtes-vous devenu archiviste des photographies de l’artiste Andy Sweet ?
En 2016, je travaillais sur l’oeuvre de l’artiste Bunny Yeager et je suis tombée sur des photographies d’Andy Sweet sur internet. J’ai contacté sa sœur Ellen Sweet Moss and la famille a accepté que je m’occupe et promeuve son œuvre. Jusqu’ici nous avons réalisé :
-Plusieurs expositions dans des musées – avec le musée de l’Holocauste dans l’Illinois, Amherst College, la National Gallery à Vilnius en Lithuanie. Et également dans plusieurs galleries
-Une exposition permanente au Betsy Hotel à Miami Beach depuis 2018
-Un documentaire « The Last Resort » en 2018, qui est resté sur Netflix pendant 5 ans
-Une collaboration avec Desigual en 2023 qui a donné lieu à une collection réalisée par Esteban Cortazar
-Un poème de Richard Blanco « What You Wouldn’t Let Us Lose », 2022
- Comment interprétez-vous personnellement le travail d’Andy Sweet ?
Je vois le travail d’Andy comme s’inscrivant dans une longue tradition de photographes documentant un monde qu’ils connaissent très bien. Avec des influences venant de Garry Winogrand, Diane Arbus et Robert Franck, Andy Sweet a entrepris de documenter Miami Beach a un moment crucial, alors que les derniers juifs ayant survécu à l’Holocauste y vivait encore. Il était un photographe avec une attention extrême sur les images qu’il souhaitait obtenir, photographiant rarement une même scène plus d’une fois.
- Quel est votre plus grand accomplissement pour l’oeuvre d’Andy Sweet ?
Ma plus grande fierté a été de retrouver des images Super 8 tournées par Andy Sweet à South Beach vers 1976. Elles ont révélé une autre facette de sa personnalité, c'est magnifique.
- En quoi le travail d’Andy Sweet reste pertinent dans notre époque actuelle ?
Je pense que le sentiment de communauté qu’il a capturé à Miami Beach était réel. Tous ces gens avec un héritage commun et une histoire particulière qui ont crée, on pourrait dire, ce village européen à la plage. Je pense qu’il a permis a sa caméra d’être un témoin, audacieux, de ce qu’il se passait à cette époque. Il appréciait la beauté, il a su la capturer.
- Quelles sont les difficultés que vous pouvez rencontrer à travailler avec des archives photographiques ?
Equilibrer les besoins de l’entreprise et la vision des héritiers peut être assez compliqué. Une fois alignés ces deux aspects, tout roule !
- Y a t-il une photographie d’Andy Sweet qui résonne particulièrement chez vous ? Et pourquoi ?
De toutes les photographies que j’ai aidé à restaurer des archives, l’image « Lincoln Road » qui fait d’ailleurs partie de l’exposition « Andy Sweeet- La liberté en couleurs à Miami Beach » à la galerie Ondrej, est une de celles dont je suis le plus fier. Cette photographie aurait pu être prise à Times Square en 1978 : les tenues, le look, c’est très cool.
- Avez-vous toujours vécu à Miami ?
Je suis né à South Bend dans l’Indiana et j’ai vécu la plupart de ma vie à New-York. Je suis venu à Miami en 2002, après avoir quitté le monde de l’entreprise. J’ai été assez chanceux de rencontrer parmi les plus grands artistes et galeristes de Miami pendant toutes ces années.
Interview réalisée en anglais à Miami Beach en avril 2026. Merci à Edward Christin
Retour au blog