
Au fil de ses voyages en Asie, son apprentissage du mandarin l’amène à découvrir la calligraphie chinoise. Il y trouve une nouvelle manière de considérer le trait : le caractère est à la fois langage, signe graphique et mouvement. Cette découverte enrichit progressivement son rapport au dessin. Certains de ses portraits sont ainsi construits à partir de caractères chinois, transformant l’écriture en matière visuelle. À Londres, Sacha explore également la sculpture, en travaillant la terre et la pierre, ainsi que le verre. Ces expériences élargissent son rapport à la matière, au volume et à la construction des formes.
Aujourd’hui, son travail se concentre principalement sur le dessin, avec le crayon, le stylo et le fusain. Ses techniques vont de la précision minutieuse du portrait à des gestes plus spontanés, faits de traits, de points, de hachures et de répétitions. Il peut ainsi commencer par une représentation relativement fidèle avant de la déconstruire progressivement, ou au contraire faire apparaître une figure à partir d’une accumulation de marques qui, prises isolément, ne représentent rien de précis. Cette manière de travailler traduit une réflexion sur la représentation elle-même. Pour Sacha, une image n’est pas nécessairement constituée d’un seul geste qui reproduit directement ce que l’œil voit. Elle peut émerger de la répétition, de la superposition et de l’assemblage de signes élémentaires. Le point, la ligne ou le caractère deviennent alors les éléments d’une représentation plus complexe. Il cherche ainsi à créer une tension entre ce que l’on reconnaît immédiatement et ce que l’on découvre en regardant l’œuvre de plus près.
Ses portraits illustrent particulièrement cette approche. Certains sont construits à partir de caractères chinois, de lignes ou de motifs répétés, de sorte que l’écriture et le dessin se confondent progressivement. Le signe conserve sa dimension graphique tout en participant à la construction du visage. Le spectateur peut alors percevoir simultanément le portrait dans son ensemble et les nombreux éléments qui le composent. Cette double lecture est également présente dans ses paysages au fusain. Plutôt que de chercher systématiquement une reproduction exacte, Sacha privilégie souvent les éléments qui permettent de faire naître une impression : une ligne d’horizon, une masse, une succession de traits, une variation de densité ou un contraste. Le paysage devient alors moins la reproduction d’un lieu que la construction d’une perception. Son travail oscille ainsi entre précision et spontanéité, représentation et abstraction, écriture et dessin. Il s’intéresse à ce moment où quelques signes, initialement indépendants, commencent à former une image identifiable. Ce passage du fragment au tout, du geste individuel à la représentation, constitue l’un des fils conducteurs de sa pratique.
Sacha travaille fréquemment dans de petits formats, en privilégiant une économie de moyens. Papier, crayon, stylo, fusain ou quelques outils suffisent à construire ses œuvres. Cette simplicité lui permet de maintenir une relation directe avec le support et de concentrer son attention sur le geste, la répétition et la construction de l’image. À partir d’un vocabulaire graphique réduit, il cherche ainsi à faire apparaître des formes complexes, reconnaissables ou parfois plus ambiguës.
